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[ARTICLE] Charango, instrument en tatou?

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[ARTICLE] Charango, instrument en tatou?


Originaire du Pérou, le Charango est un instrument à cordes pincées. Il serait la résultante de la transformation du “Timple” Espagnol ramené par les Conquistadors entre le XVII et XVIII ème siècle dans cette région d’Amérique Latine. Le mot Charango a pour origine le mot “kirkinchu” en langue Quechua (une langue parlée en Bolivie, Pérou et centre des Andes), qui signifierait “Tatou”. Puisqu’à l’origine, la caisse de résonance, du moins l’arrière de la caisse de résonance était fait en carapace de tatou séchée puis moulée à la forme voulue. Il était et est toujours destiné à la musique traditionnelle d’Amérique du Sud. Il est très souvent joué par les hommes pour faire la cour et animer les fêtes et danses locales.

Anciennement comme nous l’avons vu, le Charango bénéficiait d’une caisse de résonance en tatou, mais maintenant, du fait de la préservation de certaines espèces de tatous, la caisse de résonance est généralement en bois. Les meilleurs Charangos sont constitués d’une seule et unique pièce de bois, et bien sûr, tiennent l’accordage plus facilement contrairement à la carapace de tatoue qui a plutôt tendance à se “plier”. Si l’instrument a une si petite taille, c’est qu’à cette époque, les Espagnols interdisaient aux indigènes de jouer des instruments à cordes et ils devaient donc être facilement dissimulable.

De Petite taille certes, mais le Charango possède plus de cordes qu’une guitare. Au total de 10, elles sont accordées le plus souvent en sol-sol, do-do, mi-MI (plus grave) , la-la, mi-mi, de la corde 5 vers la corde 1 (chaque chœur étant accordé à l’unisson, à l’exception du mi des 3e cordes qui ont une octave de différence). L’ordre des cordes est atypique : la corde la plus grave est le MI (corde 3), puis sol (corde 5), la (corde 2), do (corde 4) et mi ( corde 1 et corde 3). A l’origine, elles étaient en boyaux, puis désormais en nylon à l’exception de la corde de Mi grave (corde 3)qui est quant à elle métallique. Le cheviller peut être soit à l’ancienne (avec des chevilles à friction), soit moderne (avec un mécanisme du type roue et vis sans fin). A l’instar de la guitare, le manche du Charango est fretté et permet ainsi de repérer les notes facilement.

 

Schéma d’un Charango, face avant. [Source]

Schéma d’un Charango, vue de côté et vue arrière [Source]

Traditionnellement, le jeu du Charango se pratique au doigt, et de façon très rare, on le joue avec un médiator. Grace à son accordage particulier, on le joue avec une alternance “pouce-doigt-pouce-doigt” et de par sa confection, il permet de faire un redoublement des notes avec un frotté très rapide qui donne cette couleur si caractéristique des musiques Andines. Au Pérou et en Bolivie il y a une quantité de variantes de tailles et de modèles, mais en général, le Charango se décline sous trois formats : waylacho ou kalampiador qui est très aigu ; charango, celui qui est présenté ici et qui est plutôt médium et enfin roncoco, plus grave. Généralement, il mesure entre 43 et 64 cm de long et joue sur plus d’une octave et 3/4 (presque 2).

Si vous souhaitez voir un Charango en action, instrument plutôt agréable à entendre, voici quelques liens:

https://www.youtube.com/watch?v=F2hFLFbenec

https://www.youtube.com/watch?v=qQzIcSy7GuA

https://www.youtube.com/watch?v=0-yCgpckMSs

https://www.youtube.com/watch?v=MIgyAvDvoR0

Musicalement, Studio ROGZ.

  • Sources:

Image de couverture: https://tierradevientos.blogspot.fr/2013/07/cordofonos-andinos-01-charangos.html

 

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