École Franco-Flamande

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Aujoud’hui Studio ROGZ s’attaque à un gros pavé de la Musique Européenne à savoir l’école Franco-Flamande. Aussi, il est évidement que c’est article ne pourra pas présenter dans les détails cette vaste période de l’Histoire de la Musique.

Présentation

L’école Franco-Flamande est un mouvement musical d’une très grande importance dans l’Histoire de la Musique en Europe. C’est le plus grand mouvement musical après l’apparition du chant grégorien qui unifie les pratiques musicales en Europe de l’Ouest . En effet, il prend racine dans les territoires de Belgique et des Pays- alors contrôles par les Bourguignons lors de l’époque du règne de la dynastie des Valois. L’école Franco-Flamande s’étendra dans une grande partie du continent.

Historiquement, l’école franco-flamande se déroule plus ou moins aux alentours de 1450 et jusqu’à 1633. Le développement de la polyphonie Occidentale repose en grande sur cette école musicale. De plus, on la considère comme celle qui posa les bases de l’harmonie moderne.

Contexte Historique

Avant de connaître la paix, l’Europe a connu pendant très longtemps la guerre. En effet, l’école franco-flamande se développe dans un contexte historique agité. Tout juste sortie de la Guerre de Cent Ans (1337 – 1453), la France est affaiblie. Il faut aussi ajouter la terrifiante épidémie de peste que subit l’Europe et le Schisme d’Orient qui provoquèrent des querelles au sein même des royaumes européens.

Suite à cette longue et pénible période, la Cour de Bourgogne rayonne. Plutôt épargnés par la guerre, les territoires Bourguignons s’enrichissent. Le commerce prospère mais aussi le développement des manufactures. En effet, c’est dans les Pays-Bas Bourguignon que les industries textiles se développent. Notamment en Flandre, Hainaut,  Braban, Luxembourg et dans la principauté de Liège.

Carte d'Europe au XVIème siècle

Carte Europe au XVème siècle

Les conséquences directes de ce développement des manufactures fera rayonner la sphère d’influence de la Cour de Bourgogne en Europe de l’Ouest. Ainsi, pendant près de 200 ans, cette région d’Europe sera considérée comme un centre culturel important.

Évolutions des états Bourguignons (1363 - 1477)

Comme nous pouvons le constater, la Cour de Bourgogne a considérablement étendu son influence. Durant l’époque de naissance de l’école Franco-Flamande, la Bourgogne contrôle la Flandre, la Savoie, le Rhin, la Hollande ou encore le Luxembourg. Cette position géographique sera déterminante pour l’expansion de l’école Franco-Flamande.

Expansion de l'école Franco-Flamande

Comme dit précédemment, la Cour de Bourgogne rayonne en Europe de l’Ouest. Considérablement enrichie elle développe non seulement ses manufactures, mais aussi son industrie. Elle entreprend dans le même temps de développer le mécénat pour les artistes. Ainsi ces derniers sont nombreux à venir la rejoindre.

La position géographique est également un point stratégique clef du succès de l’école Franco-Flamande. En effet, proche à la fois de l’Angleterre de la France ou encore de l’Italie, la Cour de Bourgogne attire des artistes issus des royaumes voisins. Les influences musicales d’Italie comme l’Ars Nova et d’Angleterre telles que la Contenance Angloise finiront ainsi par se mélanger.

L’homme qui inaugura les prémisses de l’école Franco-Flamade semble être John Dunstable (~1390 – 1453). D’origine Anglaise, John séjourna en France à la fin de la Guerre de Cent Ans. Il apporta à la Musique de son temps souplesse et unité. Symbolisant la Contenance Angloise, un autre mouvement musical, John Dunstable eut une grande influence sur les compositeurs suivants.

Représentation de John Dunstable

Ensuite, par le jeu des déplacements entre compositeurs, le style de l’école Franco-Flamande sorti peu à peu de la Cour de Bourgogne. Ainsi, des compositeurs tels que Guillaume Dufay (~1400 – 1474) voyagèrent en dehors des sphères d’influences de la Cour de Bourgogne. Ainsi, Guillaume Dufay quitta Cambrai (France) pour Rimini (Italie) puis à Rome, toujours en Italie.

On comprend ainsi que le jeu des déplacements d’une Cour à une autre d’un diocèse à un autre permis à l’école Franco-Flamande de s’étendre.

Il faut aussi noter  le rôle important des moines copistes qui recopièrent de nombreux manuscrits au sein même des scriptoriums.

Enfin, un autre point mérite son attention quant à l’expansion de l’école Franco-Flamande. En effet, une invention capitale voit le jour en 1454: l’Imprimerie typographique. Mise au point par Johannes Gutenberg (~1400 – 1468), cette nouvelle technique de retranscription change la donne. Ainsi, les textes et œuvres écrites sont dispersés plus rapidement à travers le continent.  

Caractéristiques

Comme dit précédemment, l’école Franco-Flamande bénéficia des influences musicales de ses voisins. En effet, une des influences les plus présente est celle de l’Ars Nova, représentée par Guillaume de Machaut (~1300 – 1377). Ainsi, il est parfaitement logique le l’école Franco-Flamande s’intéresse au motet.

Guillaume de Machaut est reconnu comme un des compositeur Français les plus importants du Moyen-Âge. Il a en effet écrit plusieurs centaines de poèmes et œuvres musicales. 

Mais c’est sa poursuite de l’art de la polyphonie qui place en partie l’Ars Nova comme une des fondamentales de l’école Franco-Flamande. Cependant, l’héritage musical passé de l’école Franco-Flamande ne s’arrête pas à l’Ars Nova.

Nous pouvons aussi noter la présence très concrète d’éléments de la Contenance Angloise comme dit précédemment. Ainsi, l’école Franco-Flamande s’oriente dans plusieurs directions. Premièrement, elle s’inspire de la plus grande souplesse dans la mélodie et le rythme inné à la Contenance Angloise. Deuxièmement elle y ajoute des éléments du contrepoint imitatif. Troisièmement, l’école Franco-Flamande exploite l’euphonie et se concentre sur l’harmonie des sons.

2 genres principaux:

S’il ne fallait retenir que deux genres musicaux principaux, ce ne serait sans hésiter le motet et la messe. À une époque où la Musique était quasiment exclusivement religieuse. L’école Franco-Flamande poussera à son paroxysme la polyphonie de ces deux genres musicaux.

C’est à cette époque que la messe est vue comme une seule et unique oeuvre avec un thème commun dans chacune de ses 3 parties.

Le motet quant à lui devient strictement religieux.

Six grandes générations

Avec une si longue durée d’influence, l’école Franco-Flamande a été élevée par plusieurs compositeurs. On peut distinctement compter 6 grandes générations. Voici les plus importants d’entre eux:

Première génération

Historiquement, cette génération de compositeur s’étale de 1420 à 1450. On appelle aussi cette période musicale école Bourguignonne. C’est en effet la période durant laquelle la Cour de Bourgogne devient très influence en Europe de l’Ouest.

Cette génération marque un tournant cruciale dans l’évolution de la Musique Européenne. Elle se distingue par la verticalité de sa polyphonie. On peut nommer de grands compositeurs tels que: 

Deuxième génération

La deuxième génération est moins marquante sur la quantité de compositeur que l’Histoire de la Musique a retenue. En effet, seulement Johannes Ockeghem marque cette période qui s’étale de 1450 à 1485.

Son héritage n’est pas des moindres. Il perfectionna grandement le motet, un genre musical très apprécié à l’époque. Il a aussi expérimenté l’art du contrepoint.

Johannes Ockeghem est né à Saint-Ghislain, dans la province de Hainaut, dans l’actuelle Belgique. Il travailla pour le duc Charles Ier de Bourbon. Par ailleurs, il effectua sa carrière en grande partie en France. 

Mais peu d’éléments historiques sur sa vie nous ont parvenu. Avec incertitude, il aurait pu être élève de Gilles Binchois. Mais rien de sûr à ce sujet.

En revanche, concernant son rôle dans l’essor de l’école Franco-Flamande, rien n’est plus à prouver. En effet, il composa de nombreuses œuvres. Il était aussi maître de la chapelle des rois de France.  

C’est grâce à toute son inventivité que ses contemporains le voient comme un musicien de haut rang. Avant 1480, ce sont les oeuvres de Guillaume Dufay qui sont prises pour exemple. Après 1480, ce sont désormais celles de Johannes Ockeghem.

Troisième génération

Comme pour la première génération, la troisième est riche de compositeurs célèbres. Elle se déroule approximativement de 1480 à 1520. De plus, c’est sous cette période que le plus grand compositeur de l’école Franco-Flamande s’illustre. En effet, l’Histoire retient souvent Josquin des Prés (~1450 – 1521) comme la figure centrale de ce courant musical. 

Repréentation de Josquin des Prés

Josquin des Prés. Compositeur Bourguignon de l'école Franco-Flamande.

Mais cette troisième génération ne s’arrête pas qu’avec le génie de Josquin des Prés. Il convient aussi de nommer d’autres compositeurs clefs de cette période. Ainsi, nous pouvons énumérer:

Quatrième génération

La quatrième génération de compositeur de l’école Franco-Flamande se distingue avec deux grands compositeurs: Adrian Willaert (~1490 – 1562) et Cyprien de Rore (1515 ou 1516 – 1565).

Adrian Willaert

Adrien Willaert

Adrian Willaert est un compositeur Flamand qui étudia le Droit à Paris. Il abandonna ses études pour suivre les enseignements de Musique proposés par Jean Mouton, un compositeur Français. 

C’est grâce à Jean Mouton qu’Adrian Willaert prend goût pour la Musique Française. Ainsi ses œuvres adopteront par ensuite certains traits stylistiques. Cependant, Adrian s’inscrit parfaitement dans l’école Franco-Flamande. 

De plus, il est aussi important de noter sa forte implication dans la vie musicale Italienne. En effet, il deviendra notamment maître de chapelle à la basilique Saint-Marc à Venise en 1527.

Il est aussi considéré comme un des fondateurs de l’école de Venise. Mais c’est sans doute le nombre de ses œuvres qui lui ont laissé une place dans l’Histoire de la Musique. En effet, il a notamment écrit plus de 350 motets.

Cyprien de Rore

Cyprien de Rore, compositeur de l'école Franco-Flamande.

On trouve aussi le nom de Cyprien de Rore comme étant « Cypriano il Divino ». C’est un compositeur Flamand dont on ne sait que peut de chose quant à sa formation musicale. Né à Anvers ou peut être à Malines, il se prend très vite d’engouement pour l’Italie.

Il sera nommé chantre sous la direction d’Adrian Willaert. Il succédera d’ailleurs à ce dernier en tant que maître de chapelle à Venise.

Mais entre temps, Cyprien de Rore ne reste pas inactif. En effet, de 1545 à 1558, il occupe les fonctions de maître de chapelle à la cour de Ferrare. 

Enfin, pour finir, Cyprien de Rore aura une influence notable sur les compositeurs qui lui succéderont. En effet, il sera reconnu comme un des grands du madrigal. Ce nouveau genre musical qu’il exerce avec brio. 

Cinquième génération

La cinquième génération suit en toute logique la quatrième. Elle début en 1560 et se termine en 1600. Comme pour la cinquième génération, elle est également illustrée par deux grands compositeurs. À savoir Roland De Lassus (1532 – 1594) et Jacques de Wert (~1535 – 1596). 

Roland De Lassus

Roland de Lassus, compositeur de l'école Franco-Flamande.

Premièrement, Roland De Lassus eut plusieurs noms à travers l’Histoire tant il est important. En effet, De Lassus voyagera beaucoup durant sa vie. Né à Mons, en région Wallonne, il partira à Fontainebleau, Mantoue, Palerme, Naples et Milan entre autres. Ainsi il n’est pas rare de voir Orlando di Lasso, Orlande de Lassus mais aussi Roland Delattre dans les textes historiques.

Enfin, arrêtons nous sur la participation colossale de De Lassus. Il es reconnu comme un compositeur brillant et prolifique. Il a écrit plus de 2000 œuvres musicales. Nous pouvons noter les quels 530 motets mais aussi les 175 madrigaux Italiens et villanelles. Sans oublier les 150 chansons Françaises ainsi que les 90 lieder (lied) Allemands. Il est par conséquent laborieux de toutes les définir ici.

Mais l’ensemble de ces œuvres ont été publiée par la maison d’édition musicale Breitkopf & Härtel 

Jacques de Wert

Jacques de Wert, compositeur de l'école Franco-Flamande.

Probablement né à Weert en Flandre, Jacques passera la plus grande partie de sa carrière en Italie. Mais avant de rentrer dans le vif du sujet, Giaches de Wert est le même compositeur que Jacques de Wert. 

Très jeune, Jacques de Wert quite la Flandre pour la Campanie. Il va en effet devenir enfant de chœur pour la chapelle de la Cour de Maria de Cardona, à Avelino, non loin de Naples. 

À partir de 1550, il entre au service d’Alfonso Gonzaga. Par la suite, il voyagera régulièrement entre Rome, Mantoue, et Novellera. Ce n’est qu’en 1561 qu’il rencontre Cyprien de Rore à Parme, toujours en Italie. Il devient par la suite son élève.

Fort de son enseignement, Jacques de Wert entreprend de composer de nombreux madrigaux. Et, en effet, l’addition de toute ses œuvres est immense. Il écrit 230 madrigaux durant son vivant, mais aussi plus de 50 motets.

Sixième génération

La sixième et dernière génération de l’école Franco-Flamande ne brille pas autant que celles d’avant. Cependant, il faut tout de même parler de Matheo Romero (~1575 – 1647). Il est considéré comme le dernier compositeur de cette école.

Matheo Romero

Matheo Romero

Né sous le nom de Mathieu Rosmarin, le compositeur naît à Liège vers 1575. Ce n’est qu’à la mort de son père en 1585 que Nicaise Houssart le prend sous son aile. Il l’emmène à la Capilla Flamenca de la Cour des Habsbourg. 

Il sera principalement retenu pour deux actions. En effet, de  par sa démission de la Capilla Flamenca en 1633, marquant ainsi la fin de l’école Franco-Flamande. Mais aussi pour son importance dans la Musique Espagnole alors en plein Âge d’Or Ibérique.

Bien qu’il démissionna de la Capilla Flamenca, il est évident que ses œuvres marquèrent l’Histoire de la Musique. Il a réussi à emprunter à la fois aux madrigaux Italiens et à la Musique Populaire Espagnole. Il a aussi réussi à introduire des formes de Musiques Populaire de France, d’Italie et bien sûr d’Espagne, au sein même de la Cour aristocratique.

Sources:

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