Histoire de l’écriture musicale

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Aujourd’hui Studio ROGZ te présente l’Histoire de l’écriture musicale dans ses grandes lignes. Mais l’Histoire de l’écriture musicale est quelque chose de complexe puisque les traces historiques s’effacent avec les ravages du temps qui passe.

Par conséquent, connaître avec certitude le premier document faisant état de la toute première forme d’écriture musicale est difficile. 

De plus, la transmission orale a pendant longtemps été la norme au sein des premières sociétés humaines, et on continue à propager des idées par oral dans certaines régions du globe. 

La Musique n’échappe donc pas à cette règle, et une grande partie du patrimoine musical est relayé à l’oubli ou a été déformé avec le temps avant l’avènement d’un code musical permettant de fixer la Musique de manière durable, notamment pour la Musique de Danse particulièrement improvisée. 

Mais commençons sans plus attendre cette lourde tâche qu’est d’évoquer l’Histoire de l’écriture musicale.

Pour t’aider dans ta navigation, tu peux te servir de l’Index interactif ci contre:

Antiquité

Schéma du texte Hourrite

Texte Hourrite Nikkal

C’est donc sans certitude que l’on considère le plus ancien système d’écriture musical découvert comme étant celui du peuple Hourrite, retrouvé à Ugarit (actuelle Syrie). 

Il est écrit en cunéiforme et aurait le noble âge de 3400 ans. Le texte est un hymne à la déesse Nikkal. 

Une reconstitution entreprise par Marcelle Duchesne-Guillemin met à jour 4 noms de compositeurs Hourrites: Tapšihuni, Puhiya (na), Urhiya, et Ammiya.

L’écriture musicale est un besoin qui est né chez la plupart des civilisations ayant déjà un système d’écriture. 

Cependant, pour certaines civilisations, comme le cas de l’Egypte Antique, on constate que les preuves concernant l’adoption d’un système d’écriture musicale à proprement parlé sont inexistantes. 

Bien qu’il ait été très probable qu’un système d’écriture musical ait vu le jour autour du Nil, rien n’est encore parvenu à traverser le temps. 

Cependant, c’est en Egypte Antique qu’on retrouve la plus ancienne chironomie: des représentations de « chefs d’orchestre » utilisant leurs mains et leurs bras dans certaines positions, définissent telle ou telle note.

Mastaba de Akhetetep, Saqqarah Vème dynastie

Mastaba de Akhetetep, Saqqarah Vème dynastie

Tragédie d'Orestre, IIIème siècle av.JC.

Orestre, tragédie Grecque Antique

Chez les Grecs de l’Antiquité, les premières traces d’écriture musicale remontent à -408/-405 avec des tragédies comme l’Iphigénie à Aulis d’Euripide ou encore celle d’Oreste

Contrairement à de nombreuses autres civilisations antiques, les Grecs employaient des signes dont certains pour nuancer la dynamique sonore: Les signes Prosodiques, comparables aux accents utilisés sur les lettres. 

D’autres signes indiquant la durée des notes, et appelés « pieds », Ces pieds sont comparables à la Mesure moderne utilisée encore de nos jours. 

Une quarantaine de fragments musicaux, gravés à même la roche ou écrits sur papyrus ont été mis à jour.

Moyen-Âge

Faisons un petit bon dans le temps, pour s’intéresser à la période du Moyen-Âge et ainsi continuer notre voyage dans l’Histoire de l’écriture musicale.

Une évolution notoire est due à Boèce (480 – 524), un philosophe latin: De institutione musica, un traité musical clef qui établit le lien entre la tradition musicale Pythagoricienne très précise mais non pratique des Grecs et la Musique du Moyen-Âge

De institutione musica

Musique du Moyen-Âge

Musique au Moyen-Âge

Interpréter les musiques anciennes reste toutefois difficile de part la plus grande liberté d’improvisation à l’époque. 

Les notations musicales anciennes ne donnent pas des éléments extrêmement précis. Il faut attendre le XVIIème pour apercevoir une régulation et une normalisation des œuvres musicales. 

Sans oublier qu’avec le développement du Christianisme très rapide survenu en Europe au IVème siècle, de nombreuses écoles musicales, avec chacune leurs caractéristiques et leurs propres systèmes d’écritures musicales voient le jour.

Différentes zones d'influences des écoles musicales du Moyen-Âge

Différentes écoles de Musique au Moyen-Âge

Chant Grégorien

Chant Grégorien

Grégoire le Grand (540 – 604) élu 64ème Pape à partir de 590, il est l’initiateur de nombreuses réformes au sein des chants religieux qui donnera ce qu’on appelle le Chant Grégorien

Il unifie les chants de l’Eglise Chrétienne en fixant définitivement les textes de la Messe et impose aux chants de l’Eglise un caractère universel, mais cette transmission est encore Orale. 

Il est aussi considéré comme le créateur de la Schola Cantorum , une école de Musique formant les clercs à cette nouvelle liturgie. 

Cependant, un décret datant de 595 signé par lui même tend à donner une date antérieur à cette dite Schola Cantorum

Peut être réellement créée par le pape Sylvestre 1er?

Sous le règne de Charlemagne (742 – 814), après avoir été élu Empereur en 800, l’écriture musicale continue à évoluer.  Durant son règne, il souhaita réaliser la promesse faite à son père Pépin le Bref à l’égard de l’Eglise. 

Pour aider les chanteurs à mémoriser plus facilement les chants Grégoriens, des nouveaux caractères apparaissent sur les textes afin d’indiquer les nuances à apporter lors de ces chants. C’est aussi à cette époque que les neumes se développent et évoluent rapidement.

Exemple de Neumes en notation carrée

Neume en notation carrée, une écriture musicale du Moyen-Âge

Le système de neumes qui entrera en vigueur et qui sera utilisé durant tout le long du Moyen-Âge est difficile à dater et n’apparaît pas du jour au lendemain. 

C’est le résultat d’une évolution lente qui se fait sur plusieurs siècles. Les neumes sont la résultante de l’éclosion de divers signes mnémotechniques placés au dessus des mots dans les manuscrits de chants et de poèmes dans un but simple: aider à la mémorisation. 

Les premiers neumes sont très simplistes puisqu’ils se présentent sous la forme d’accents, de points et de traits avant de se diversifier selon les principales écoles musicales en vigueur à l’époque.

L’apparition des premiers « neumes » Byzantins se fait après la période de l’Iconoclaste (726 – 843). Ils découlent du système d’accentuation Grec mais restent toutefois assez imprécis puisqu’ils n’indiquent que des simples variations de hauteur et non une note précise.

Ces accents appelés signes ekphonétiques et sont principalement liés aux traditions liturgiques Orthodoxes au sein de l’Empire Byzantin, mais se retrouvent dans l’ensemble du monde Chrétien de l’époque.

Exemple de signes Ekphonétiques Byzantins

Ecriture-ekphonétique-Byzantine

Codex Calixtinus

Codex Calixtinus, traité musical du Moyen-Âge

Le Moyen-Âge est une époque charnière et regorge d’œuvres musicales d’une importance capitale dans la compréhension de l’évolution de leurs écritures. 

Un des plus célèbres ouvrages est le Codex Calixtinus, aussi appelé livre « Liber SanctiJacobi« . 

C’est une oeuvre manuscrite datant du XIIème siècle qui est retrouvée à Saint-Jacques de Compostelle (Espagne). 

Il est probable qu’il ait été rédigé dans le scriptorium de l’Abbaye de Cluny en région Bourgogne (France). Aimery Picaud en serait son auteur.  

Ce recueil contient des chants liturgiques, des messes, des homélies et des offices. 

Il est d’une importance certaine dans l’Histoire de la Musique puisqu’il ouvre une fenêtre sur les pratiques musicales d’une époque lointaine.

C’est aussi le premier document écrit de musique polyphonique Ibérique mis à jour.

C’est dans les scriptoriums des monastères médiévaux qu’a été rédigée et recopiée la plupart des œuvres musicales de cette époque. 

Du fait du caractère spécifique de ce type d’établissement, la musique était par conséquent principalement religieuse. 

C’est donc grâce à ces ateliers et au dur labeur des moines copistes que la diffusion et l’apprentissage des chants et poèmes liturgiques aient été possibles.

L’Abbaye de Cluny et celle de Saint-Gall en Suisse sont d’ailleurs deux des principaux centres de productions d’œuvres manuscrites.

Statue de Guido d'Arezzo

Cependant, c’est un moine en particuliers qui révolutionna l’écriture musicale lors de cette période du Moyen-Âge. Guido d’Arezzo (992 – 1033?), est une moine bénédictin Italien connu pour avoir mis au point les premières portées 

4 lignes désignant chacune un son précis avec des lettres placées devant chacune d’entre elles donnant ainsi la tonalité de chaque ligne. 

C’est par la déformation et la stylisation au cours du temps que ces mêmes lettres que les clefs modernes naîtront quelques siècles plus tard. 

Le système de portée, bien qu’ayant évolué depuis, est basé sur les travaux de Guido d’Arezzo

Cependant les deux systèmes, neumes et portées cohabitèrent ensemble durant tout le Moyen-Âge.

Quelques temps après Guido d’Arezzo, la Musique se voit évoluer vers une généralisation de la polyphonie. Bien qu’existant auparavant, la polyphonie devient partie intégrante de la vie musicale du Moyen-Âge

Avec l’engouement pour l’édification des Cathédrales, la Musique Sacrée prend une place importante dans la société et s’illustre avec des compositeurs tels que Léonin (1150? – 1210?) ou Pérotin (1160? – 1230?) très représentatifs de l ‘Ecole de Notre Dame de Paris

C’est à cette époque que naissent de nouveaux genres musicaux comme l’organum qui se complexifie de plus en plus, à double, triple puis quadruple voix. 

Comme preuve historique de cette évolution significative dans le nombre de voix, un manuscrit rédigé par Léonin , puis amélioré par Pérotin intitulé « Magnus Liber Organi » atteste de l’attraction envers la multiplication des voix à cette époque.

Mais il faut attendre 1260 pour voir les figures de notes quantifier avec précision une durée. Grâce à Francon de Cologne (1210? – 1270?), une figure de note spécifique à chaque valeur de durée est désormais appliquée. 

C’est la fin de la Notation Modale et la naissance de la Notation Mesurée. 

Bien qu’assez peut précise à comparée de celle de nos jours, la notation Franconienne reste à la base de celle utilisée aujourd’hui. C’est

Exemple des valeurs rythmiques de Francon de Cologne

Notation Franconnienne

Son système reste toutefois ambiguë selon le contexte modale puisqu’un longue peut représenter une noire pointée ou une noire et qu’une brève peut faire la même durée qu’une croche ou même qu’une noire selon le mode employé.

Francon de Cologne est également à l’origine de la clarification des ligatures

De plus dans la notation Franconienne, les silences sont indiqués par des barres verticales plus ou moins longues selon la durée qu’elles représentent. 

Voici un exemple de ce à quoi ressemblaient les silences à son époque:

Exemple des valeurs de silences de Francon de Cologne​

Dans l’Histoire de l’écriture musicale, la fin du XIIIème siècle en Europe marque un tournant. 

En effet, l’influence du motet sous l’ère de l’Ecole de Notre Dame de Paris bouleverse la disposition des lignes de la portée ancienne: la notation en parties superposées fait alors place à la notation en parties séparées sur la même page.

Cela s’explique par un gain de place et donc d’économie des parchemins, une ressource chère et précieuse.

Nigatsudô Ji-dôshi Hossoku (1729)

Nigatsudô-Ji-dôshi-Hossoku, système d'écriture musical Japonais

Parallèlement à l’évolution de l’écriture musicale en Occident, le genre Shômyô se développe au Japon aux alentours du XIIème siècle. 

Il s’agit de chants bouddhistes issus de la tradition Chinoise dès le IIIème siècle et pratiqués au Japon lors de l’essor de cette religion à partir du Vème siècle. 

L’écriture du Shômyô est particulière puisqu’elle ne se base pas sur un système de portée

La notation est très peu stable dans le temps puisque très peu précise et sujette à des modifications selon les époques. 

Au Japon le système Shômyô est peu à peu remplacé par le système d’écriture Occidental à partir de l’ère Meiji (fin XIXème).

La Harpe de Mélodie

Harpe de Mélodie de Jacob Senleches

Pour revenir en Europe, un autre ouvrage manuscrit assez particulier intitulé « La Harpe de Mélodie » datant de 1395 siècle accrédité à Jacob Senleches représente encore une façon différente d’écrire la Musique. 

Celui-ci met cependant plus l’accent sur une représentation artistique que pratique et se rapproche de la Tablature tout en intégrant un système de portée de 6 lignes avec des figures de neumes de plusieurs couleurs. 

Une des pages les plus frappantes de ce manuscrits représente une harpe sur laquelle des notes sont placées entre les cordes laisse penser à un système de tablature primitif?

Folio 43 du Codex Chantilly

Folio 43 du Codex Chantilly

[Source Photo]


Le XIVème siècle est aussi le siècle des grands compositeurs de l’Ars Nova

Pour n’en citer que deux, les plus représentatifs sont Guillaume de Machaut (~1300 – 1377) et Fransesco Landini (1335? – 1397). 

L’abandon des modes rythmiques est affirmé par l’exploration de différentes façon de diviser le temps:

  • par la couleur rouge
  • par des notes évidées (à ne pas confondre avec les notes blanches de la Renaissance)

Cependant, ces solutions furent oubliées au cours du XVème siècle et on revient sur les signes de mesure traditionnels. 

Pour illustrer l’utilisation de ces autres façons de quantifier le temps, voici un extrait du très célèbre Codex Chantilly

Renaissance

Continuons notre voyage au sein de l’Histoire de l’écriture musicale sous la période de la Renaissance. 

Avec la Période de la Renaissance, voit le jour les Grandes Découvertes. La Musique évolue aussi par conséquent  avec l’avènement de l’Imprimerie qui rend la Musique plus facile d’accès au peuple. 

C’est à cette période que la Musique Instrumentale commence à se démocratiser. 

C’est notamment avec l’apparition du système de tablature au XVIème siècle extrêmement pratique pour les joueurs d’instruments à cordes de type luth

Cette nouvelle méthode aide aussi à la réalisation d’œuvres polyphoniques pour les ensembles cordophones

Mais la dynamique sonore, même sur partitions utilisant le système de portée n’est pas encore précise et il faudra attendre l’époque Baroque avant de pouvoir définir cette dynamique avec un nombre de nuances important. 

La Renaissance a droit aussi à son lot d’ouvrages importants dans le domaine musical.

La Renaissance c’est aussi l’invasion des notes « blanches » ou devrait on plutôt dire évidées. 

Elles se développent lors de cette période dans les partitions et tablatures de l’époque pour des raisons purement techniques. 

En plein boom de l’Imprimerie, le parchemin se voit remplacé peu à peu par le papier plus économique mais aussi plus fin. 

Cette épaisseur moins grande était tout simplement traversées trop facilement par l’encre. En utilisant moins d’encre pour chaque note, le papier restait dans un meilleur état. 

Seules les figures de notes peu fréquentes n’étaient pas évidées. Voici un exemple frappant montrant les notes « évidées » de la Renaissance.

Une des œuvres les plus remarquables de cette époque est le Chansonnier Cordiforme daté entre 1470 à 1475 qui est un des manuscrits les plus richement ornés. 

Cet ouvrage se distingue par sa forme particulière (en forme de cœur) mais pas que. 

Il recèle en son sein 43 chansons écrites en Français et en Italien et bien qu’utilisant un système de portée, les notes sont quant à elles encore largement différentes de la notation moderne que nous connaissons.

En effet, elles possèdent généralement une tête en losange ou carrée et non ovale.

Afin de revenir sur l’essor de l’Imprimerie à l’époque, c’est en 1501 qu’est publié à Venise un recueil clef par Ottaviano Petrucci: l’Odhecaton

C’est la première fois dans l’Histoire qu’un corpus de danse aussi précis voit le jour. C’est aussi le premier document de Musique polyphonique imprimé de l’Histoire. 

De plus il met à jour une partie du répertoire de l’Ecole Franco-Flamande

Toujours à Venise, c’est dans cette ville que d’autres traités musicaux publiés par Silvestro Ganassi voient le jour entre 1535 et 1543 sur l’art de l’ornementation qui renforce, durant la période de la renaissance, le goût pour l’addition d’embellissements improvisés par l’instrumentiste.

D’autres ouvrages marquent l’époque comme l’Orchésographie, est un traité sur l’apprentissage de la Danse, créé par l’écrivain Français Jehan Tabourot (aussi connu sour l’anagramme Thoinot Arbeau). 

Cette oeuvre est publiée en 1589. C’est un texte clef dans l’évolution de l’écriture musicale puisqu’il s’agit du premier manuel de danse écrit indiquant avec précision l’exécution des pas de danse à effectuer au regard de la partition musicale. 

C’est aussi la première oeuvre méthodique au sujet du tambour qui a été publiée de l’Histoire.

La Renaissance sert de transition entre le Moyen-Âge et l’époque Moderne. 

Avec l’apparition des premiers éditeurs de Musique, la nécessité de clarté obligea à simplifier les signes utilisés à une époque où divers types de notations coexistent dont les principaux sont:

  • La notation noire ancienne, aussi appelée carrée, réservée plutôt au chant Grégorien et plus globalement, religieux.
  • La notation blanche développé sous la Renaissance pour des raisons pratiques, servant à écrire les œuvres contemporaine de l’époque.
  • divers systèmes de tablature, notamment pour luth et de type clavecin, deux instruments très prisés.

Musique accessible

La démocratisation de la Musique durant cette période de l’Histoire est principalement permise par l’expansion de l’Imprimerie, mais aussi par le luth qui est un instrument phare de la Renaissance. 

Cependant, peu de personnes pouvaient se permettre de suivre des cours de solfège pour lire les écritures musicales. 

Pour répondre à cette problématique, un système ingénieux, déjà existant auparavant, se développe: la tablature

Ce système permet d’être capable de jouer une oeuvre musicale sans notation de solfège et ainsi être accessible au plus grand nombre. Elle se représente sous forme de lignes. 

Chaque ligne représente une corde de l’instrument. 

Au lieu d’indiquer des notes, des numéros sont placés sur ces mêmes lignes et indiquent au musicien où placer les doigts. 

 L’inconvénient de ce système de tablature est le manque de précision dans le rythme.

Complexification de la notation

C’est aussi à la Renaissance qu’apparaissent de nombreux signes de mesure, parfois très complexes.

Le signe « C » est un exemple de signe ayant survécu au temps puisqu’il est encore utilisé de nos jours. 

Les signes d’altérations se fixent aussi durant cette époque et à la fin du XVIIème siècle, les notes passent de la tête en losange à la notation ovale qu’on connait. 

Lors du passage progressif de la polyphonie Vocale à la polyphonie instrumentale, un bouleversement s’opère au cours du temps: la naissance de la partition pour clavier avec un système à double portée

Système particulièrement pratique pour les proto-clavecins de l’époque.

En effet, la main gauche jouant dans les graves, se charge de la portée du bas tandis que la main droite, jouant dans les aiguës, prend en compte la portée du haut.

Afin de finir sur la Renaissance:

Pour finir sur la Renaissance, 2 autres grandes nouveautés apparaissent: la nuance et le timbre

Pour la petite histoire, le terme de nuance apparaît suite à l’intervention de Giovanni Gabrieli (1557 – 1612) lors de son oeuvre « Sonate pian’e forto » lorsque huit voix se réunissent. 

Pour appuyer la dynamique sonore, le compositeur réclame la nuance « forte » pour inciter les musiciens à joueur plus forts. 

Le timbre quant à lui, est réclamé par Claudio Monteverdi (1567 – 1643) dans « Orfeo » (1607) en choisissant exactement le nombre d’instruments à devoir exécuter son oeuvre. Avant cela, l’interprétation était laissée plus libre.

Post-Renaissance

Nous arrivons enfin dans la troisième partie de notre voyage au sein de l’Histoire de l’écriture musicale. Suivant la Renaissance, la période moderne voit les plus grandes œuvres musicales de l’Histoire de la Musique naître. 

Les grands compositeurs tels que Mozart, Beethoven, Haydn ou encore Brahms (pour ne citer qu’eux) améliorent considérablement le répertoire musical Européen. 

Le développement de la Sonate, de la Symphonie ou encore de l’Opéra durant les périodes Baroque, Classique et Romantique ouvre une nouvelle dimension spectaculaire dans l’élaboration des partitions. 

Les orchestres deviennent de plus en plus importants et comptent de plus en plus de musiciens. Sur le plan d’écriture musicale, peu d’innovations techniques voient le jour comparé aux périodes précédentes, mais l’ampleur des pièces musicales est nettement plus considérables. 

La partition moderne est établie et les recherches se font plus sur le choix de la tonalité, du nombre d’instruments, ou encore de l’expressivité d’une oeuvre.

Sextuor pour deux violons, deux altos et deux violoncelles en si bémol op. 18 de Brahms, Johannes (1833-1897). Compositeur

Sextuor pour deux violons, deux altos et deux violoncelles en si bémol op. 18 de Brahms, Johannes (1833-1897). Compositeur

Le XIXème marque le développement de la partition d’orchestre avec l’établissement de règles précises. 

L’ordre des instruments et la mise en page s’établissent peu à peu. 

Les voix réservées aux instruments se voient organisées par Familles avec les Bois en haut, les Cuivres plus bas, puis les Percussions pour enfin finir sur les Cordes

C’est également le siècle de l’imposition de la partition comme modèle musical qui deviendra dès le XXème siècle la partition moderne telle qu’on la connait. 

Toutefois, le système de tablature n’est pas abandonné et reste utile pour les instruments de type guitare/luth, mais n’est plus guère utilisé pour les instruments à clavier.

Des inventions marquantes

Phonographe

La fin du XIXème siècle est encore plus importante avec une évolution notoire avec les progrès technologique: l’apparition du phonographe à cylindre en 1877. 

Cette invention de Thomas Edison bouleversera les rapports entre l’Homme et la Musique. 

A une époque où la seule façon d’écrire la Musique était sur format papier, cet outil retranscrit la Musique sur un nouveau support: le cylindre phonographique, est le cousin du disque phonographique qui s’imposera quelques années plus tard.  

La Musique ne s’écrit plus seulement avec de l’encre, mais aussi par gravure mécanique. 

Bien que novateur à l’époque, le cylindre phonographique offre cependant une certaine difficulté qui est pour le chanteur ou musicien de devoir exécuter son oeuvre à chaque gravure.

Avec cette nouvelle innovation tout se succède très vite et les possibilités semblent toujours plus nombreuses. Ainsi en 1889, le 78 tour voit le jour avec la compagnie d’Emile Berliner, proposant une version aplatie, en forme de disque, du cylindre phonographique bien plus fiable.

Mais c’est le XXème siècle qui marque le plus fortement l’évolution de l’écriture musicale.

 En effet, avec l’enregistrement électrique et tout un tas d’innovations voient le jour: apparition du dubplate, du magnétophone à bande, du Tefifon. Puis aussi du célèbre disque à microsillons : le Vinyle qui reste un standard de l’écriture musicale dédié à l’écoute jusqu’à la avènement de la cassette audio apparue en 1963 puis du CD qui la détrôna à son tour peu après sa naissance en 1982.

Rouleau à Musique d'un Orgue de Barbarie

Rouleau à Musique, support musical pour les orgues de Barbarie.

Une autre puissante évolution, est celle du développement de la mécanique qui voit ses limites toujours repoussées plus loin. 

Se basant sur le principe du rouleau à Musique utilisé pour les orgues de Barbarie, du début XXème siècle, un nouveau concept voit le jour: le séquenceur

Un séquenceur est un tout simplement un outil pouvant enregistrer, puis exécuter une séquence musicale. 

Au début analogiques, ces appareils deviennent numériques grâce aux progrès de l’informatique à la fin des années 80. 

Certains peuvent éditer des partitions à l’instar des plus grands maîtres de la compositions de la période Romantique comme le logiciel Cubase, ou proposer une nouvelle façon d’écrire la musique: le format piano roll comme sur FL Studio.

FL Studio et son PIano Roll

Le piano roll rappelle beaucoup le rouleau à Musique de l’orgue de Barbarie puisqu’il représente les notes non pas sur des lignes, mais sur un quadrillage particulièrement visuel. 

Les signes graphiques de notes sont remplacés par des rectangles et on ne distingue plus des signes de durée. 

Tout simplement, il y a silence lorsqu’aucun rectangle n’est présent. 

Plus le rectangle est long, plus la durée de la note est grande. 

Le séquenceur offre ainsi de nombreuses possibilités que l’écriture papier ne peut pas permettre. 

Mais il reste principalement dédié à la création et non à l’interprétation musicale.

Conclusion

Dans le passé, l’écriture musicale se faisait par le travail laborieux des moines copistes sur papier, désormais, l’écriture musicale, présente sous de très nombreuses formes, est accessibles au plus grand nombre. 

Désormais, l’Histoire de l’écriture musicale continue de s’écrire. Les progrès technologiques entre la radio, internet ou encore ces logiciels séquenceurs ont permis de nouvelles façons « d’écrire » la musique. 

Mais le temps suit son cours et peut être que d’autres manières d’appréhender la transcription musicale verrons le jour?

Sources:

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