Musique Libanaise

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Dans cet article, Studio ROGZ s’attaque à la Musique Libanaise. Dans un premier temps nous verrons ensemble une rapide présentation du pays, puis de son Histoire. 

Aussi, nous poursuivrons avec les influences diverses qui modifièrent la vie musicale du Liban, puis quelques personnalités importantes de la Musique Libanaise. Enfin, nous terminerons par la présentation des instruments Libanais emblématiques. Studio ROGZ pense à toi et t’as fournit quelques bonus ainsi que les sources consultées. 

Pour faciliter ta navigation dans cet article un peu long, tu bénéficies d’un Index interactif pour t’amener directement aux parties qui t’intéressent.

Alors, commençons tout de suite.

INDEX INTERACTIF:

  1. Présentation du Liban
  2. Contexte Historique
  3. Influences sur la Musique Libanaise
  4. Quelques personnalités
  5. Les Instruments Libanais
  6. Bonus et Sources

Présentation du Liban

Carte du Liban

Carte Liban, Musique Libanaise

Ok, alors le Liban est un tout petit pays qui naît officiellement le 22 novembre 1943 en obtenant son indépendance auprès de la France. 

Tu le retrouveras au Levant dans la région du Proche-Orient coincé entre la Syrie et Israël. 

Le pays du Taboulé a pour langue officielle l’Arabe. Le Français et l’Anglais sont aussi des langues largement parlées au Liban.

Avec un peu plus de 6 millions d’habitants, le Liban possède pourtant une population très diverse malgré son passé tumultueux.

C’est aussi un des rares pays du Moyen-Orient à reconnaître officiellement presque une vingtaine de religions.

Mais l’Islam et la Chrétienté restent les deux principales religions du pays.

En dehors des nombreux conflits qui ruinèrent le territoire de 1975 à 1990, le Liban reste un charmant pays dont une grande partie de l’économie repose sur le tourisme. En effet, par son emplacement stratégique, le Liban a un territoire où de grandes civilisations se succédèrent au fil du temps. 

Donc sans trop s’attarder sur cette partie, nous passons à son Histoire.

Contexte Historique

Puisque le pays est officiellement jeune, il faut remonter dans le passé pour mieux appréhender l’identité musicale que peut abriter le Liban. Remontons le temps à la recherche du passé de ce pays. 

Déjà à l’Antiquité, le Liban, du moins son territoire, intéresse les marchands Phéniciens, une des premières civilisations avancées du bassin méditerranéen. Le commerce entre l’Égypte et la Mésopotamie permet à des villes comme Byblos de s’urbaniser très fortement.

Cependant, les empires continentaux se battent pendant plusieurs siècles pour le contrôle des ressources au Levant. Le Liban passe de mains en mains entre l’Empire Égyptien, Assyrien, Néo-Babylonien puis Achéménide. Mais les conquêtes ne s’arrêtent pas là. En effet, avec Alexandre le Grand, le Moyen-Orient dont le Liban s’ouvre aux influences du monde hellénistique. Les Ptolémées et les Séleucides se succéderont par la suite.

Puis, les Grecs cèdent leur place aux Romains. L’Empire Romain entre sur le territoire dès le 1er siècle de notre ère.

Le temple Greco-Romain de Bacchus à Baalbeck

C’est sous la domination de l’Empire Romain que la Chrétienté se développe en Europe, en Afrique du Nord et bien sûr, au Proche-Orient. En effet, la religion, s’étant déjà largement diffusée dans cette région du monde, elle sera officiellement reconnue par  l’Empire Romain en 313 avec l’édit de Milan rédigé par Constantin 1er. 

Dès lors, les Chrétiens ne doivent plus se cacher et peuvent pratiquer librement leur religion. Toutefois, l’Église deviendra de plus en plus présente et finira par remplacer les cultes polythéistes dans les siècles à venir. 

En 395, l’Empire Romain se divise en deux: à l’ouest, l’Empire Romain d’Occident et à l’est, l’Empire Romain d’Orient. Ce dernier règne sur l’est et donc sur le Liban. Il deviendra par la suite l’Empire Byzantin.
 

Expansion de l'Islam dès le 7ème siècle

Le VIIème siècle se marque par l’expansion fulgurante d’une nouvelle idéologie. Cette idéologie est une nouvelle religion qui voit le jour dans les déserts d’Arabie, chez les Bédouins: l’Islam. Ces derniers partent à la conquête du monde et diffusent leurs nouvelles croyances. 

Ainsi, l’Islam se propage sur le reste de la péninsule Arabique, mais aussi en Afrique du Nord, au Moyen-Orient et même en Europe. Le Liban n’échappe pas à cette règle. L’Islam formera un socle sociétal et religieux solide dans la région bien que le Liban reste un des états les plus multi-confessionnels du Moyen-Orient.

Les différentes entités se succéderont,  les Omeyyades, les Abbassides, les Mamelouks, les Seldjoukides puis l’Empire Ottoman. Même avec le changement d’identité politique, l’Islam reste particulièrement présent dans la région malgré les tentatives de l’Église à rétablir son influence lors des différentes Croisades.

Empire Ottoman à son apogée (XVI-XVIIème)

Empire Ottoman au liban et son influence dans la Musique Libanaise.

L’Empire Ottoman est une des plus puissantes entités de l’Histoire. Il régna sur le pays dès 1517 et ce n’est qu’à la fin de la Première Guerre Mondiale en 1918 avec le démantèlement de l’Empire Ottoman que le Liban sort définitivement de sa domination. Mais il sera rapidement placé sous un protectorat Français dès 1920.

Il faudra donc attendre le 22 novembre 1943 pour que le Liban obtienne officiellement on autonomie.

Mais malgré le goût nouveau de l’autonomie, le Liban subira une succession de troubles, de conflits et de guerres avec comme événement le plus marquant la Guerre Civile Libanaise de 1975 à 1990.

Donc tu l’as compris, l’Histoire du Liban est plutôt mouvementée, et nous passons donc aux diverses influences que connaît le pays sur sa musique.

Influences

Avec un tel passé, le Liban possède une très grande diversité culturelle et cultuelle. Sa Musique n’y échappe pas non plus. Toutefois, certains grands éléments eurent plus d’influences que d’autres sur la Musique Libanaise, et nous allons voir ensemble lesquels.

Parmi ces différences influences, la Musique Byzantine, Syriaque, Persane, Ottomane, Occidentale et Arabe sont les plus fortes. Les Musiques Phénicienne, Grecque et Romaine ont probablement jouer un rôle dans l’identité musicale du Liban mais les traces historiques sont trop peu nombreuses pour l’affirmer. 

Concentrons nous donc sur les plus importantes

Influences Maronites

Croix Maronite Musique Libanaise

Tout d’abord avant de parler d’influences de la Musique Maronite sur la Musique Libanaise, il faut définir ce qu’est la religion Maronite.

Les Maronites sont des Chrétiens d’Orient dont les prémices remontent dès le Ier siècle de notre ère, à l’époque de l’Église d’Antioche en Anatolie (actuelle Turquie). Cette communauté sera en déclin avec les invasions Perses à partir de 540, puis Arabes en 636.

Le VIIème siècle n’arrange pas les choses et le Patriarche Yuhama Mârûn entre en conflit avec l’Empereur Byzantin Justinien. Les Maronites sont donc contraints de migrer au Liban. Depuis ils sont la composante Chrétienne majoritaire. 

Leur Musique est religieuse et se rapproche de celle pratiquée dans le culte Byzantin et Romain. Mais c’est la langue Syriaque qui prédomine. En effet, malgré les Croisades, le Latin que les prêtres Occidentaux apportent avec eux n’arrive pas à s’imposer dans leur Musique Sacrée.

L’Arabe quant à lui parviendra à s’intégrer en partie dans la liturgie Maronite au Liban. Cette Musique n’évolue quasiment pas en plusieurs siècles. Non écrite, transmise à l’oral, il faut attendre le XXème siècle pour la codifier avec le père Paul Achqar et Louis Hajj.

Enfin, pour apporter plus de précisions, le chant Syriaque qu’utilise la Musique Maronite est un chant syllabique et strophique avec des mélodies simples et aux notes conjointes pour faciliter le chant. Il est aussi monodique, c’est à dire sans harmonisation.

Influences Byzantines

Symbole Byzantin Musique Libanaise

Avec près de 1000 ans d’existence, l’Empire Byzantin a eu une influence considérable sur l’Europe et le Proche-Orient. Le Liban n’échappe pas à cette règle. Mais ici, par Musique Byzantine, regroupe à la fois les traditions musicales de l’Église Grecque Orthodoxe et celles de l’Église Grecque Chrétienne Melkite. 

C’est d’ailleurs cette dernière qui impose le plus ses rites musicaux sur le territoire Libanais.

Mais dans les deux cas, l’Église Byzantine se forme à partir de l’Église de Constantinople, dès le Ier siècle de notre ère. Elle se développe avec des personnalités comme Jean Chrysostome (~349~407) et Jean Damascène (~679 – 749) qui sont considérés comme les pères fondateurs. Bien que très ancienne, la Musique Byzantine n’évolua que très peu depuis ses débuts. 

Les langues Grecque, Syriaque et Arabe constituent la majeur partie de la Musique Byzantine du Liban. Aussi, de grands compositeurs, qu’on appelle mélodes, comme Romanos le Mélode (490 – ?) réalisent plus de 1000 hymnes durant leur activité.

Quelques éléments caractéristiques de la Musique Byzantine du Liban sont:

  • le tropaire, qui est une courte prière.
 
  • le kontakon, une homélie poétique à caractère narratif et dramatique.
 
  • le canon, un poème en plusieurs partie qu’on appelle ode, ayant chacune 3 à 6 strophes
 

De plus, la Musique Byzantine se transmet à l’oral et n’utilise généralement pas d’instrument pour les œuvres sacrées. Aussi les chants sont globalement monodiques même s’ils peuvent jouer par dessus un chant en bourdon.

Influences Arabes et Islam

Comment ne pas parler des influences Arabes et de l’Islam sur l’ensemble du Moyen-Orient? Avec leurs conquêtes, les Bédouins d’Arabie apportent une nouvelle langue et de nouvelles idées musicales.

Ainsi, l’intégration de l’Arabe comme langue dans la Musique au Liban commence dès le VIIème siècle de notre ère. Mais le pays reste très multi-culturel et les autres langues dominent encore largement le paysage musical.

Malgré des intellectuels comme al-Farabi (872 – 950) ou al-Kindi (801 – 873), la Musique Arabe reste quasiment non structurée à l’écrit. Elle se transmet de façon orale. Ce n’est qu’à partir de 1932, avec le Congrès sur la Musique Arabe au Caire en 1932 que la Musique Arabe prend la forme que nous lui connaissons de nos jours.

En ce qui concerne la Musique Sacrée dans l’Islam se dissocie déjà de la Musique Profane sous les Omeyyades. Elle consacre aussi 3 grandes catégories:

  • La Psalmodie: qui se caractérise par l’absence d’instruments. Elle se pratique seul et se concentre sur le Coran. De plus, elle se transmet par les récits des cheikhs dans les écoles coraniques.
  • La Cantillation: similaire à la psalmodie, elle s’en différencie en se pratiquant à plusieurs. Elle aussi monodique et a cappella, elle tolère cependant les ornementations et vocalises. De plus, elle peut se baser sur d’autres textes sacrés que le Coran.
  • L’Appel à la prière: C’est le muezzin qui interprète ce type de chant obligatoire 5 fois par jours. Selon les pays pratiquants, les formules musicales changent. Au Liban c’est le mode Hijâz qui est le plus commun.

Influences Occidentales

Nous aurions aussi pu évoquer les influences de la Musique Ottomane sur la Musique Libanaise, mais bien que surprenant malgré la longévité du joug Ottoman sur la région, cette première n’a pas autant influencer le paysage musical Libanais que l’Occident.

Déjà, les influences Occidentales se font ressentir sur l’ensemble du globe dès la conquête de l’Amérique par les Espagnols et Portugais. Mais au Liban, les influences Occidentales se font plus tard, lorsque l’Empire Ottoman alors super puissance de l’époque montre ses signes de faiblesses. En effet, le mouvement de l’Orientalisme du XIXème siècle rend les Européen très curieux de l’Orient. De nombreux échanges artistiques ont lieux.

Mais ce n’est qu’avec la Première Guerre Mondiale que les influences Françaises, Russes et Britanniques vont avoir le plus d’impact. Tout d’abord, une grande vague de musiciens et compositeurs Russes fuyant la révolution de 1917 arrive sur le Liban alors encore aux mains des Ottomans.

La fin de cette terrible guerre sonne aussi la fin de l’Empire Ottoman qui voit ses territoires occupés par les Français et les Britanniques. 

La région du Liban passe d’ailleurs sous protectorat Français de 1920 à 1943. C’est durant cette période que des institutions remarquables voient le jour. Les prémices de L’Académie Libanaise des Beaux Arts naissent en 1937. 

D’autres universités fondées par les Occidentaux à la fin du XIXème siècle alors que le Liban était encore Ottoman prospèrent. Nous pouvons rapidement évoquer la American University of Beirut ou l’Université Saint-Joseph.

Quelques Personnalités

Comme dans toute l’Histoire de la Musique, certaines personnalités s’illustrent par leurs talents de théoricien, de compositeur, de chanteur ou encore de musicien. Le Liban possède aussi ses talents. Et nous allons vous quelques unes des personnalités les plus influences dans la Musique Libanaise. Bien sûr, cette liste n’est en rien exhaustive.

Alexis Boutros

Alexis Boutros et la Musique Libanaise

Alexis Boutros est de l’Association des Musiciens Amateurs (AMA). Cette institution est la première du genre au Liban.

Par la suite, cette association deviendra l’Académie Libanaise des Beaux-Arts. (aussi appelée ALBA).

De nos jours, il s’agit du premier institut national pour l’enseignement supérieur au Liban.

Il était aussi chef d’orchestre et violoniste.

Laure Daccâche

(1918 – 2005)

Laure Daccâche est une des personnalités les plus célèbres de la Musique Libanaise, et de la Musique Arabe tout court.

En effet, elle est très vite surnommée la « Mozart du Moyen-Orient » dans les années 1920. 

Compositrice, cheffe d’orchestre, joueuse de oud et interprète, elle est une des rares femmes mise sur les devant de la scène musicale Arabe.

Farid el Atrache

(1915- 1974)

Farid el Atrache naît en Syrie à Soueïda dans l’Empire Ottoman.

Il est encore considéré comme un des plus grands chanteurs de Musique Arabe du XXème siècle.

Il est aussi auteur, compositeur, interprète et joueur de oud professionnel.

Il totalise plus de 350 œuvres musicales.

Wadih Sabra

Wadih Sabra, grande personnalité de la Musique Libanaise.

(1876- 1952)

Wadih Sabra est un compositeur Libanais qui s’intéressa de très près à la Musique Occidentale.

En effet, une partie de son parcours musical se déroule au Conservatoire supérieur national de musique de Paris.

Il est aussi à l’origine de l’Hymne National Libanais, qu’il compose en 1925. Ce dernier, le Kûllûnâ lil watan entre en vigueur en 1927 au Liban.

Les Instruments Libanais

Les instruments Libanais sont issus de plusieurs cultures différentes, mais ce sont généralement les instruments Arabes qui dominent la scène Libanaise. Les instruments occidentaux comme le piano ou les violons sont également assez présents dans la Musique Libanaise. 

Mais voyons ensemble les instruments les plus emblématiques de la Musique Libanaise.

Le Nay est un instrument aérophone, de type flûte monocalame, aux origines très lointaines. On le date de l’époque de Sumer, aux alentours de 2800 avant JC. 

Le Nay est encore largement utilisé dans l’ensemble de la Musique Arabe mais aussi dans la Musique Libanaise. On peut ainsi dans de nombreux autres pays comme l’Égypte ou l’Irak

Cette flûte à embouchure terminale est traditionnellement constituée en roseau. 

Le Oud est un des instruments à cordes les plus importants de la Musique Arabe.

Il occupe aussi une place importante dans la Musique Libanaise. 

D’ailleurs certaines des plus grandes personnalités du Liban sont des oudistes professionnels.

Nous pouvons citer brièvement Charbel Rouhana ou encore Rabih Abou-Khalil.

Le Daf est un instrument de type tambour rond sur cadre. Cet instrument de percussion se décline en 3 grands types distincts. 

Le daf simple, le daf à sonailles et celui à cymbalettes

Il sont aussi très commun dans la Musique Irakienne. 

Mais, même si les dafs sont de différentes tailles et présentent des sonailles ou des cymbalettes, ils sont toujours constitués avec de la peau de mouton ou de gazelle. 

Le Kanoun

Kanoun, cithare sur table présente dans la Musique Arabe.

À savoir, le Kanoun est un instrument à cordes pincées de la famille des Cithares sur table. Le Kanoun est un des instruments les plus répandu dans le Monde Arabe. 

Il porte plusieurs noms selon les pays. Ainsi, Kanun, Quanoun, Qanun, Kanon ou encore Kalong, désignent le même instrument.

On le trouve de l’Arabie à la Grèce en passant par le Turkestan. Attention, il ne faut pas le confondre avec le Santour Iranien, lui aussi présent dans la Musique Libanaise.

La Darbouka

Darbouka, percussion utilisée en Musique arabe.

La Darbouka est une des Percussions les plus connues dans le Monde. En effet, on la trouve dans tous les pays Arabo-Musulmans, mais aussi dans les Balkans. 

De plus, des compositeurs Européens comme Carl Orff et Jacques Ibert l’utilisent dans le passé. 

La Darbouka, du moins, ses ancêtres directs, sont originaires de l’époque de Sumer, en Irak, dès 1100 avant JC. 

La Darbouka se reconnaît facilement par sa forme en calice et est encore largement utilisée de nos jours.

Bonus

Nous arrivons ensemble à la partie Bonus de cet article ! Si la Musique Libanaise te plaît réellement, Studio ROGZ te fournit un lien vers Arabic Mood. Tu pourras ainsi suivre l’actualité de la Musique Arabe en générale et Libanaise.

Sources:

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